Loi 25 · Cookies

Cookies et Loi 25 : ce que votre site doit vérifier

Une bannière affichée ne dit rien de ce qui se dépose derrière elle. Ce guide explique ce que la Loi 25 demande sur les témoins, et comment vérifier la configuration réelle de votre site.

Mis à jour le 26 août 2026 Lecture : 11 minutes

Sommaire
  1. Un témoin, c’est quoi
  2. Trois familles de témoins
  3. Ce que la loi demande
  4. Avant et après le choix
  5. Ce qu’une bannière permet
  6. Revenir sur son choix
  7. Les points à vérifier
  8. Le vérifier vous-même
  9. Ce que Repère détecte
  10. Questions fréquentes

Un témoin,
c’est quoi au juste

« Témoin de connexion » est le terme français employé par les autorités québécoises. C’est le même objet que le cookie : un petit fichier que le site demande au navigateur de conserver.

Le témoin et ses cousins

Le témoin est le plus connu, mais ce n’est pas la seule façon de garder une trace d’un visiteur. Quatre techniques cohabitent sur un site ordinaire, et la loi s’intéresse à leur effet, pas à leur nom.

  • Le témoin : un fichier déposé par le navigateur, lisible au retour du visiteur.
  • Le stockage local : localStorage et sessionStorage, qui remplissent le même rôle sans s’appeler témoins.
  • Le pixel : une image d’un pixel ou un script tiers, dont le simple chargement signale la visite au service qui l’héberge.
  • L’empreinte du navigateur : la combinaison de la police, de la taille d’écran et des extensions, qui suffit souvent à reconnaître un appareil sans rien y déposer.

Un site qui a retiré ses témoins mais conservé ses pixels n’a pas réglé la question. C’est un cas fréquent, et il ne se voit pas depuis le panneau des témoins du navigateur.

Première et tierce partie

Un témoin de première partie est déposé par le domaine que le visiteur consulte. Un témoin de tierce partie vient d’un autre domaine, chargé depuis la page : la régie publicitaire, la plateforme vidéo, l’outil de mesure.

La distinction compte parce qu’elle change qui reçoit l’information. Un témoin de première partie reste chez vous ; un témoin de tierce partie signale la visite à une entreprise qui n’a aucun lien avec le visiteur, et souvent aucun établissement au Québec.

La durée compte aussi : un témoin de session disparaît à la fermeture du navigateur, un témoin persistant peut rester des mois. Les deux ne posent pas la même question.

Trois familles, trois régimes

Tous les témoins ne se valent pas. C’est leur finalité qui détermine ce qu’il faut faire, pas leur nombre.

  1. Strictement nécessaires

    Session ouverte, panier, préférence de langue, protection du formulaire. Sans eux le site ne fonctionne pas : ils ne servent pas à observer le visiteur.

  2. Mesure d’audience

    Pages vues, provenance, parcours. Utile à l’entreprise, invisible pour le visiteur, et fondé sur l’observation de son comportement.

  3. Publicité et marketing

    Pixels, audiences, remarketing. Ce sont eux qui suivent la personne d’un site à l’autre, et ceux dont on attend une information claire.

Ce que la loi
demande vraiment

Le Québec n’a pas de « loi sur les cookies ». Les obligations viennent du régime général du consentement et d’une règle particulière sur les technologies qui permettent d’identifier une personne.

L’obligation

Lorsqu’une entreprise recueille des renseignements personnels en offrant au public un produit ou un service technologique, elle doit informer les personnes, dès le départ, du recours à une technologie comprenant des fonctions permettant de les identifier, de les localiser ou d’effectuer un profilage, et des moyens offerts pour activer ces fonctions.

La Commission d’accès à l’information précise que ces fonctions ne peuvent pas être activées par défaut et que la personne doit pouvoir les activer elle-même, volontairement.

S’y ajoute le régime général : le consentement doit être manifeste, libre et éclairé, donné à des fins déterminées, et demandé pour chacune de ces fins. Il doit être présenté distinctement de toute autre information.

Ce que dit la loi

Le texte impose une information : le recours à ces technologies, et les moyens offerts pour les activer. La Commission d’accès à l’information précise que ces fonctions ne peuvent pas être activées par défaut et que la personne doit pouvoir les activer elle-même, volontairement.

En revanche, la Loi ne prescrit pas, à notre connaissance, un modèle graphique unique de bannière : ni format, ni couleur de bouton, ni formulation. La configuration retenue s’évalue au regard des exigences applicables au consentement et aux technologies utilisées, pas d’un gabarit imposé.

Un point est souvent mal compris : l’exigence de paramètres de confidentialité offrant par défaut le plus haut niveau ne s’applique pas aux témoins de connexion. Cette exclusion porte sur ce point précis, et sur lui seul : elle ne retire pas les témoins du champ de la Loi. L’information due au titre des fonctions d’identification, de localisation ou de profilage, elle, demeure.

La lecture de Repère

Entre le texte et la mise en œuvre, il reste des choix techniques. Voici les nôtres, présentés comme ce qu’ils sont : des recommandations, pas des obligations.

Recommandation Repère

Ne rien déclencher d’autre que le strictement nécessaire tant que le visiteur n’a pas choisi. C’est la seule configuration où la question « le consentement a-t-il été donné avant ? » ne se pose plus.

Cette position est technique, pas juridique. Elle a un avantage pratique : elle est vérifiable de l’extérieur, en quelques secondes, par vous comme par n’importe qui d’autre.

Avant le choix,
après le choix

Le fonctionnement attendu tient en deux images. Ce qui distingue un site bien configuré d’un autre n’est pas la bannière : c’est ce qui se trouve dans la colonne de gauche.

Avant le choixPage chargée

Le visiteur n’a encore rien décidé

  • Témoin de sessionActifNécessaire au fonctionnement du site.
  • Google AnalyticsEn attenteAucune balise déclenchée, aucun identifiant déposé.
  • Meta PixelEn attenteLe script n’est pas chargé.
  • Publicité et remarketingEn attenteAucune audience alimentée.

Après acceptationChoix enregistré

Le visiteur a accepté la mesure et la publicité

  • Témoin de sessionActifInchangé : il ne dépendait pas du choix.
  • Google AnalyticsDéposéMesure activée, conformément au choix exprimé.
  • Meta PixelDéposéChargé après le clic, pas avant.
  • Publicité et remarketingDéposéLe choix du visiteur est mémorisé pour ses prochaines visites.

Illustration du fonctionnement attendu. Aucun site client n’est représenté ici.

L’idée à retenir

La présence d’une bannière ne suffit pas à déterminer si la configuration technique derrière est correcte. Les deux tableaux ci-dessus peuvent correspondre au même bandeau, au même texte et au même bouton : ce qui change est invisible à l’écran.

Le cas le plus courant que nous rencontrons n’est ni l’un ni l’autre : la bannière s’affiche pendant que la mesure d’audience et les pixels sont déjà chargés. Le bandeau enregistre alors un choix qui n’a plus d’effet sur ce qui vient de se produire.

Ce n’est presque jamais une décision : c’est un script resté dans l’en-tête du thème, ou une balise ajoutée dans le conteneur avant l’installation de la bannière.

Ce qu’une bannière devrait permettre

Puisque aucun modèle n’est imposé, c’est l’effet qui compte. Une bannière utile permet trois choses, et n’en empêche aucune.

Accepter, refuser, choisir

Un consentement libre suppose qu’il soit possible de ne pas le donner. Pour favoriser un consentement réellement libre, Repère recommande de rendre le refus clair et facilement accessible, sans présenter cette recommandation comme une exigence graphique textuellement prévue par la Loi.

  • Le refus devrait être atteignable au même niveau que l’acceptation, pas derrière un second écran.
  • Les cases correspondant à des finalités facultatives ne devraient pas être cochées d’avance : une case déjà cochée n’exprime aucun choix.
  • Chaque finalité devrait pouvoir être acceptée séparément : la mesure d’audience et la publicité ne sont pas la même chose.
  • Continuer à naviguer, faire défiler la page ou fermer le bandeau ne sont pas des marques de consentement.

Recommandation Repère

Le test le plus simple : chronométrez le refus. S’il prend plus de temps que l’acceptation, la bannière mérite d’être revue, quelle que soit sa conformité formelle.

Dire ce qui est fait

Le texte du bandeau devrait décrire ce que le site fait réellement, en termes simples : quelles catégories de témoins, pour quelles finalités, et qui les reçoit. Une formule générique sur « l’amélioration de votre expérience » n’informe personne.

Le lien vers la politique de confidentialité a sa place dans le bandeau, mais il ne remplace pas l’information : la personne doit pouvoir décider sans quitter la page.

Politique de confidentialité et Loi 25 →

Revenir sur son choix

Le retrait du consentement doit être aussi simple que le fait de l’avoir donné. En pratique, cela suppose un point d’accès permanent : un lien « Préférences de témoins » au pied de page, qui rouvre le même panneau.

Un site où le bandeau ne s’affiche qu’une fois, sans moyen de le rappeler, place la personne devant un choix définitif pris en trois secondes. C’est le manquement le plus fréquent après le déclenchement anticipé, et le plus simple à corriger.

Recommandation Repère

Un lien de préférences au pied de page, présent sur toutes les pages, et un choix mémorisé pour une durée raisonnable plutôt qu’indéfinie.

Les points
à vérifier

Neuf contrôles sur les témoins. Les sept premiers se lisent depuis l’extérieur du site, sans accès à quoi que ce soit.

  1. Dépôt avant le choixCe qui est déposé entre l’arrivée sur la page et le premier clic du visiteur.
  2. Scripts tiers chargésLes domaines contactés au chargement, même sans témoin déposé.
  3. Symétrie du bandeauRefuser demande-t-il le même nombre de gestes qu’accepter.
  4. Cases précochéesLes finalités facultatives présentées comme déjà acceptées.
  5. Granularité des finalitésMesure d’audience et publicité séparées, ou tout ou rien.
  6. Point de retraitUn accès permanent pour revenir sur son choix.
  7. Cohérence avec la politiqueLes outils annoncés dans la politique et ceux réellement chargés.
  8. Durée de conservationCombien de temps le choix et les identifiants sont conservés.
  9. Comportement après refusCe qui continue de se charger une fois le refus exprimé.

Sept de ces neuf points se lisent de l’extérieur.

Le plus fréquent est le premier de la liste.

Le plus simple à corriger est le sixième.

Le vérifier vous-même en cinq minutes

Aucun outil payant n’est nécessaire. Le navigateur suffit, et la manipulation est la même sur Chrome, Edge et Firefox.

  1. Fenêtre privée

    Ouvrez votre site dans une fenêtre de navigation privée : aucun choix antérieur ne viendra fausser la lecture.

  2. Panneau des témoins

    Ouvrez les outils de développement, onglet Application ou Stockage, section Témoins. Ne cliquez sur rien d’autre.

  3. Lisez la liste

    Tout ce qui apparaît là a été déposé avant votre choix. Notez les domaines qui ne sont pas le vôtre.

Deux repères pour lire la liste : un nom commençant par _ga vient de Google Analytics, _fbp de Meta. Leur présence avant tout clic indique que la balise s’est déclenchée sans attendre.

L’onglet Réseau donne l’image complète : il montre aussi les services contactés qui ne déposent rien mais reçoivent quand même la visite. C’est là qu’on retrouve les pixels et les contenus intégrés.

Cette vérification manuelle a une limite : elle décrit une page, à un instant, sur un appareil. Elle ne dit rien du reste du site ni de ce qui se passe côté serveur.

Ce que votre site dépose, sans y toucher

Le scan Repère lit votre page comme le ferait un visiteur, avant tout clic, et vous dit ce qui s’est déjà déclenché.

Lancer le scan gratuit

Ce que Repère détecte, et ce qui demande un œil humain

Une analyse publique voit ce qu’un visiteur voit. C’est l’essentiel du sujet des témoins, mais pas la totalité.

Détectable depuis l’extérieur

  • Les témoins déposés avant toute interaction
  • Les domaines tiers contactés au chargement
  • La présence et le contenu du bandeau
  • La présence d’un bouton de refus au premier niveau
  • Les balises de mesure et de publicité chargées
  • La durée annoncée des témoins
  • L’existence d’un lien de préférences
  • La cohérence entre la politique publiée et les outils vus

Nécessite une vérification humaine

  • Le contenu réel du conteneur de balises
  • Les règles de déclenchement configurées
  • Ce que fait la bannière une fois le refus enregistré
  • Les traitements effectués côté serveur
  • Les ententes avec les fournisseurs concernés
  • La conservation effective des choix exprimés
  • Les pages non publiques : espace client, caisse
  • Les variantes régionales ou linguistiques du site

Le scan Repère est un diagnostic technique, pas une certification juridique. Il constate ce qui se produit au chargement d’une page publique, à un moment donné. Les obligations citées dans ce guide viennent des textes québécois ; les recommandations signalées comme telles sont celles de Repère.

Questions fréquentes

Ce qu’on nous demande le plus souvent au sujet des témoins et des bannières.

Une bannière de témoins est-elle obligatoire au Québec ?

La Loi ne prescrit pas, à notre connaissance, un modèle graphique unique de bannière. Ce qui est exigé, c’est d’informer la personne du recours à une technologie comprenant des fonctions d’identification, de localisation ou de profilage, et de lui indiquer les moyens offerts pour les activer. La Commission d’accès à l’information précise que ces fonctions ne peuvent pas être activées par défaut.

Un site qui ne dépose que des témoins strictement nécessaires n’a donc pas les mêmes obligations qu’un site qui charge de la mesure d’audience et des pixels publicitaires. La bannière est un moyen répandu de remplir l’obligation, pas l’obligation elle-même.

Les témoins de mesure d’audience nécessitent-ils un consentement ?

Ils servent à observer le comportement d’une personne et reposent généralement sur un identifiant déposé dans son navigateur. Ils entrent donc dans le champ de l’information et du consentement, contrairement à un témoin de session sans lequel le site ne fonctionne pas.

Certaines configurations réduisent la portée de la mesure. Elles ne se constatent pas depuis l’extérieur : elles se vérifient dans l’outil lui-même. Le guide Google Analytics détaille ces cas.

J’ai installé une extension de bannière : est-ce que cela règle la question ?

Pas nécessairement. Une extension de consentement ne bloque que ce qu’elle a été configurée pour bloquer. Si une balise a été ajoutée directement dans le thème ou dans un conteneur chargé avant elle, elle continue de se déclencher, bannière ou pas.

C’est le décalage le plus fréquent que nous observons : la bannière est installée, correctement rédigée, et sans effet sur les scripts qui la précèdent.

Que se passe-t-il si le visiteur refuse ?

Les finalités refusées ne doivent pas se déclencher, et le site doit rester utilisable. Un refus qui empêche l’accès au contenu transforme le consentement en condition d’usage, ce qui ne correspond pas à un consentement libre.

En pratique, la vérification consiste à refuser puis à regarder ce qui continue de se charger. C’est un contrôle qui se fait en une minute et qui révèle souvent une configuration partielle.

Combien de temps peut-on conserver le choix d’un visiteur ?

La durée appropriée dépend notamment de la finalité poursuivie, de la nature des renseignements et du contexte. Le régime québécois ne fixe pas, à notre connaissance, une durée générale unique applicable aux témoins.

Recommandation Repère : redemander le choix après une période raisonnable plutôt que de le mémoriser indéfiniment, et permettre à tout moment de le modifier. C’est une pratique, pas une obligation.

Les contenus intégrés comme YouTube ou Google Maps comptent-ils ?

Oui, et ce sont les cas les plus souvent oubliés. Une vidéo intégrée ou une carte affichée charge du contenu depuis un autre domaine, parfois avant toute interaction, et signale la visite à ce service.

Ils ressemblent à du contenu, pas à un outil de suivi, ce qui explique qu’ils échappent aux inventaires. Une lecture différée, qui charge la vidéo au clic plutôt qu’au chargement de la page, règle la plupart de ces cas.

Sources officielles

Les obligations décrites dans ce guide viennent des organismes québécois responsables. Les recommandations techniques sont celles de Repère et sont signalées comme telles.

Ce guide décrit des pratiques de vérification web. Il ne remplace pas la lecture des textes officiels ni l’accompagnement d’un conseiller juridique pour une situation particulière.

Que dépose votre site
avant le premier clic ?

Le scan Repère lit votre page avant toute interaction et vous dit ce qui s’est déjà déclenché.

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