Loi 25 · Google Analytics

Google Analytics et Loi 25 au Québec

GA4 dépose un identifiant, envoie des événements et transite hors Québec. Ce guide montre comment vérifier à quel moment il se déclenche sur votre site, et ce que cela demande.

Mis à jour le 26 août 2026 Lecture : 13 minutes

Sommaire
  1. Ce que GA4 dépose
  2. Savoir s’il est installé
  3. Le conteneur Tag Manager
  4. Vérifier le déclenchement
  5. Le mode consentement
  6. Quand il alimente la publicité
  7. Les points à vérifier
  8. Sans accès, et avec accès
  9. Questions fréquentes

Ce que GA4 mesure,
et ce qu’il dépose

Google Analytics 4 a remplacé Universal Analytics en 2023. Le changement n’est pas cosmétique : le modèle est passé des sessions aux événements, et ce qui est envoyé n’a pas la même forme.

Un modèle d’événements

GA4 n’enregistre plus des pages vues rattachées à une session, mais des événements : page_view, scroll, click, form_start, et tout ce qu’on décide d’ajouter. Certains se déclenchent d’eux-mêmes si la mesure améliorée est activée.

Chaque événement part avec un contexte : page, provenance, langue, résolution, appareil, et une estimation de localisation. Pris isolément, rien de tout cela n’identifie quelqu’un. Rassemblé et rattaché à un identifiant stable, l’ensemble décrit le parcours d’une personne.

Les témoins déposés

Dans sa configuration par défaut, GA4 dépose deux témoins de première partie :

  • _ga : l’identifiant du client, conservé deux ans par défaut. C’est lui qui permet de reconnaître le même navigateur d’une visite à l’autre.
  • _ga_<ID> : l’état de la session en cours, propre à la propriété mesurée.

Ces deux témoins sont posés par votre domaine, pas par Google. Cela ne change rien à leur finalité : ils servent à reconnaître un visiteur, ce qui est précisément le type de fonction sur laquelle la personne doit être informée.

Google indique ne pas conserver les adresses IP dans GA4, mais s’en sert pour estimer la localisation avant de les écarter. La donnée transite donc, même si elle n’est pas stockée.

Où partent les données

Les événements sont envoyés à l’infrastructure de Google, hors Québec. La Loi 25 demande, avant de communiquer des renseignements personnels à l’extérieur du Québec, de procéder à une évaluation des facteurs relatifs à la vie privée et d’encadrer la communication.

Ce que dit la loi

La communication de renseignements personnels hors Québec suppose une évaluation préalable des facteurs relatifs à la vie privée. Cette obligation existe indépendamment de la bannière affichée sur le site.

C’est un point que la configuration technique ne règle pas : il relève de la documentation interne de l’entreprise, pas du code de la page.

Savoir si Analytics est installé

Trois façons de le constater, de la plus rapide à la plus fiable. Aucune ne demande d’accès à un compte Google.

  1. La source

    Affichez le code source de la page et cherchez G-. L’identifiant de mesure GA4 a cette forme. gtag/js et gtm.js signalent le chargement du script.

  2. Les témoins

    Un témoin _ga dans le panneau de stockage du navigateur signifie que la mesure s’est déjà exécutée.

  3. Le réseau

    C’est la preuve : une requête vers /g/collect montre qu’un événement est réellement parti.

Une nuance utile : la présence de G- dans la source prouve que le site est équipé, pas que la mesure s’exécute. Un site correctement configuré peut contenir l’identifiant sans rien envoyer tant que le visiteur n’a pas choisi. C’est pour cela que l’onglet Réseau tranche là où la source laisse un doute.

À l’inverse, un site peut n’avoir aucun G- visible et mesurer quand même : le conteneur Tag Manager charge ses balises depuis le serveur de Google, et leur contenu n’apparaît pas dans le code de la page.

Le conteneur
Tag Manager

Google Tag Manager n’est pas un outil de mesure. C’est un chargeur : il décide quelles balises se déclenchent, et à quel moment.

Une boîte fermée de l’extérieur

Un conteneur s’identifie par un code de la forme GTM-XXXXXXX présent dans la page. Son contenu, lui, est chargé depuis les serveurs de Google : GA4, Meta Pixel, Google Ads, un outil de carte de chaleur, une balise ajoutée il y a trois ans par une agence qui ne travaille plus avec vous.

C’est ce qui rend l’inventaire difficile : la page ne déclare qu’un conteneur, pas ce qu’il contient. Le seul moyen de voir l’intérieur est d’ouvrir le conteneur, ou d’observer les requêtes qu’il déclenche.

Le déclencheur le plus courant est aussi le plus problématique : « toutes les pages », qui exécute la balise au chargement, sans condition. C’est le réglage par défaut, et c’est celui qu’on retrouve sur la majorité des sites où la mesure part avant le choix.

Conditionner le déclenchement

Faire attendre une balise suppose de lier le conteneur au bandeau de consentement. Deux approches coexistent :

  • Par déclencheur : la balise n’a pour condition que l’événement émis par la bannière au moment du choix. Simple à vérifier : sans l’événement, rien ne part.
  • Par état de consentement : le mode consentement de Google, qui module le comportement des balises selon des paramètres. Plus souple, et plus difficile à contrôler de l’extérieur.

Recommandation Repère

Pour une PME sans équipe technique dédiée, le conditionnement par déclencheur est plus lisible : on peut le vérifier soi-même en une minute, sans comprendre le détail du mode consentement.

Vérifier si Analytics part avant votre choix

La manipulation prend deux minutes et donne une réponse binaire. C’est le contrôle le plus utile de ce guide.

  1. Fenêtre privée

    Ouvrez une fenêtre de navigation privée. Un choix enregistré lors d’une visite précédente fausserait tout.

  2. Onglet Réseau, filtre collect

    Ouvrez les outils de développement sur l’onglet Réseau, tapez collect dans le filtre, puis chargez votre page.

  3. Ne cliquez sur rien

    Laissez la bannière affichée et lisez la liste. Ce qui apparaît là est parti sans votre accord.

Onglet RéseauAvant tout clic

Configuration à corriger

  • gtm.jsChargéLe conteneur se charge, ce qui est attendu : il porte aussi la bannière.
  • /g/collectEnvoyéUn événement GA4 est parti avant le choix du visiteur.
  • Témoin _gaDéposéUn identifiant a été attribué au navigateur.

Onglet RéseauAvant tout clic

Configuration attendue

  • gtm.jsChargéLe conteneur est là, mais aucune balise de mesure n’est déclenchée.
  • /g/collectAucun envoiLa liste reste vide tant que le visiteur n’a pas répondu.
  • Témoin _gaAbsentAucun identifiant attribué pour l’instant.

Illustration de la lecture attendue dans l’onglet Réseau. Aucun site client n’est représenté ici.

Répétez ensuite l’opération en acceptant, puis en refusant. Trois lectures suffisent à décrire le comportement réel du site : avant le choix, après acceptation, après refus. C’est exactement ce qu’une vérification sérieuse regarde.

Si /g/collect apparaît après un refus, la bannière enregistre une préférence qu’elle n’applique pas.

Le mode consentement de Google

Souvent présenté comme la solution, il mérite d’être compris avant d’être installé : ses deux réglages n’ont pas du tout le même effet.

Ce qu’il fait

Le mode consentement transmet aux balises Google l’état du choix du visiteur, à travers quelques paramètres : analytics_storage pour la mesure, ad_storage, ad_user_data et ad_personalization pour la publicité. Les balises adaptent leur comportement en conséquence.

Il ne remplace pas la bannière : il en dépend. C’est la bannière qui met ces paramètres à jour au moment du clic.

Deux réglages, deux comportements

La distinction est capitale et rarement expliquée aux entreprises qui l’installent.

  • Mode de base : les balises ne se chargent pas tant que le consentement n’est pas donné. Aucune requête ne part avant le choix.
  • Mode avancé : les balises se chargent dès l’arrivée et envoient, en l’absence de consentement, des signaux sans témoin. Il part donc quelque chose avant le choix, même sans identifiant.

Ce qu’il faut en retenir

Le mode avancé conserve un envoi vers Google avant le choix du visiteur. Selon la lecture qu’on en fait, cela peut suffire à poser question. La configuration retenue doit donc être un choix conscient, documenté, pas un réglage par défaut.

Dans l’onglet Réseau, la différence est visible : en mode avancé, /g/collect apparaît avant tout clic, avec un paramètre indiquant l’absence de consentement.

Quand Analytics
alimente la publicité

Tant que GA4 sert à compter des visites, le sujet reste la mesure. Trois réglages le font basculer vers la publicité, et changent la nature des données.

Trois bascules

  • L’association à Google Ads : les audiences constituées dans GA4 deviennent des cibles publicitaires. La mesure sert alors à recontacter des personnes.
  • Les signaux Google : le rapprochement des visites entre appareils, pour les personnes connectées à leur compte Google. Ce n’est plus un navigateur qu’on suit, c’est une personne.
  • Les conversions améliorées : l’envoi de données client, comme une adresse courriel transformée en empreinte, pour rattacher un achat à une publicité.

Ces trois réglages ne se voient pas depuis l’extérieur : ils vivent dans l’interface de GA4 et de Google Ads. Un site peut paraître irréprochable au chargement et transmettre des données client par ce canal.

Recommandation Repère

Traiter l’activation de ces trois réglages comme une décision à documenter, au même titre qu’un nouveau fournisseur : ce qu’ils envoient dépasse la mesure d’audience annoncée dans la plupart des politiques de confidentialité.

Le même raisonnement pour Meta Pixel →

Les points
à vérifier

Dix contrôles propres à Google Analytics. Les six premiers se lisent depuis l’extérieur ; les quatre derniers demandent d’ouvrir un compte.

  1. Présence de GA4Un identifiant G- dans la page, ou une balise chargée par le conteneur.
  2. Envoi avant le choixUne requête vers /g/collect avant toute interaction du visiteur.
  3. Témoins déposés_ga et _ga_<ID> présents avant le consentement.
  4. Comportement après refusCe qui continue de partir une fois le refus exprimé.
  5. Conteneur Tag ManagerSa présence, et le nombre de domaines qu’il fait contacter.
  6. Mention dans la politiqueLa mesure d’audience annoncée, et l’outil nommé.
  7. Mode consentementRéglage de base ou avancé, et sa liaison réelle à la bannière.
  8. Déclencheurs des balises« Toutes les pages » ou condition liée au consentement.
  9. Association publicitaireGoogle Ads, signaux Google, conversions améliorées.
  10. Conservation et transfertDurée retenue dans GA4, et évaluation du transfert hors Québec.

Six de ces dix points se lisent sans aucun accès.

Le deuxième est le plus fréquent que nous rencontrons.

Les quatre derniers vivent dans vos comptes Google.

Analytics part-il avant le choix de vos visiteurs ?

Le scan Repère charge votre page sans rien accepter et vous dit ce qui est déjà parti vers Google.

Lancer le scan gratuit

Sans accès, et avec accès

Google Analytics est le cas où l’écart est le plus net entre ce qu’une analyse publique établit et ce qui vit dans les comptes.

Lisible sans aucun accès

  • La présence d’un identifiant de mesure GA4
  • Le chargement de gtag.js ou du conteneur
  • Les envois vers /g/collect et leur moment
  • Les témoins _ga déposés, et quand
  • Le comportement après acceptation et après refus
  • Les domaines tiers contactés par le conteneur
  • La mention de la mesure dans la politique publiée

Demande un accès à GTM ou GA4

  • La liste complète des balises du conteneur
  • Les déclencheurs et leurs conditions exactes
  • Le réglage du mode consentement
  • La durée de conservation des données utilisateur
  • L’association à Google Ads et les signaux Google
  • Les conversions améliorées et leur contenu
  • Les utilisateurs ayant accès à la propriété
  • L’évaluation du transfert hors Québec

Le scan Repère travaille dans la colonne de gauche. Il établit ce qui part de votre site et à quel moment ; il ne se substitue pas à l’examen de vos comptes Google, qui demande vos accès. Les obligations citées ici viennent des textes québécois, les recommandations sont signalées comme telles.

Guides connexes

La mesure ne vit pas seule : elle dépose des témoins, et elle s’installe différemment selon la plateforme.

Questions fréquentes

Les questions qui reviennent quand on découvre ce que GA4 dépose sur un site.

Google Analytics est-il interdit au Québec ?

Non. À notre connaissance, aucune décision québécoise n’interdit Google Analytics. La question n’est pas l’outil mais la façon dont il est installé : information donnée au visiteur, moment du déclenchement, encadrement du transfert hors Québec.

Des autorités européennes ont rendu des décisions défavorables à certaines configurations d’Universal Analytics. Ces décisions ne s’appliquent pas au Québec et visaient une version qui n’existe plus, mais elles éclairent les points sensibles : identifiant persistant et transfert hors territoire.

GA4 collecte-t-il des renseignements personnels ?

Dans sa configuration courante, il attribue un identifiant persistant au navigateur et l’associe à un historique de navigation. Cet ensemble permet de distinguer et de reconnaître une personne, ce qui suffit à faire entrer la mesure dans le champ des renseignements personnels.

Certaines configurations réduisent cette portée. Elles se vérifient dans l’interface de GA4, pas depuis l’extérieur du site.

Le mode consentement de Google suffit-il ?

Il aide, mais il ne décide de rien à lui seul : c’est la bannière qui lui transmet le choix. Mal reliée, elle laisse les paramètres à leur valeur par défaut et le mode consentement n’a aucun effet.

En mode avancé, des signaux partent vers Google avant le choix. Ce comportement doit être connu et assumé, pas découvert après coup.

Comment savoir ce que contient mon conteneur Tag Manager ?

De l’extérieur, on ne le lit pas : le conteneur charge ses balises depuis les serveurs de Google. On observe en revanche ses effets, les domaines contactés et les requêtes envoyées, ce qui permet d’en déduire l’essentiel.

La liste exacte demande d’ouvrir le conteneur avec un compte ayant les droits de lecture. C’est souvent l’occasion de découvrir des balises devenues inutiles.

Faut-il déclarer Google Analytics dans la politique de confidentialité ?

La politique doit refléter les pratiques réelles de l’entreprise, ce qui inclut les outils de mesure et les renseignements qu’ils recueillent. Nommer l’outil est la façon la plus simple d’y parvenir.

Une politique qui parle de « statistiques anonymes » alors que GA4 dépose un identifiant persistant décrit autre chose que ce que fait le site. Le guide sur la politique détaille ce point.

Une alternative sans témoin règle-t-elle la question ?

Elle en simplifie une partie : sans identifiant persistant ni transfert hors Québec, l’information à donner est plus légère et le déclenchement pose moins de questions.

Cela reste un choix d’outil, pas une mise en conformité. Le reste du site demande le même examen : formulaires, pixels publicitaires, contenus intégrés, politique. Repère ne vend aucun outil de mesure et n’a pas d’intérêt dans ce choix.

Sources officielles

Les obligations décrites dans ce guide viennent des organismes québécois responsables. Les recommandations techniques sont celles de Repère et sont signalées comme telles.

Ce guide décrit des pratiques de vérification web. Il ne remplace pas la lecture des textes officiels ni l’accompagnement d’un conseiller juridique pour une situation particulière.

Analytics part-il
avant le choix ?

Le scan Repère charge votre page sans rien accepter et vous dit ce qui est déjà parti.

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